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C'Est parmi le Peuple de Dieu que la Poësie Lyrique a pris naissance. Conduite par l'Esprit Saint, elle a été parfaite dès son origine; & elle étoit inséparable de la Musique, parce qu'elle devoit servir à l'instruction de la postérité, & que l'on [71] retient mieux les paroles mises en chant.
Enos fils de Seth, & petit-fils d'Adam, commença d'invoquer le nom du Seigneur, dit l'Ecriture (n), c'est-à-dire, par des Cantiques: car Adam l'avoit invoqué par un culte intérieur, & Abel par des Holocaustes. Nous n'avons ensuite rien de plus ancien en ce genre que les Oracles de Jacob sur la destinée de ses enfans (o): le stile en est figuré & métaphorique, les pensées fortes & sublimes. Les deux Cantiques de Moïse ont le même caractère dans le prémier ce grand homme met devant les ïeux le passage triomphant des Israëlites au milieu de la Mer Rouge, les Egyptiens ensevelis dans les flots, les habitans de Canaan saisis d'effroi, & plongés dans une douleur amére (p): quelle noblesse, quelle vivacité dans cette peinture! Mais quand Moïse est prêt à quitter ce peuple rebelle, il éleve sa voix: il commande à la terre & aux Cieux d'être attentifs à ses paroles: il confond l'ingratitude du peuple, en leur rappellant les bontés & les merveilles de Dieu; & il leur prédit les maux qui les [72] doivent accabler, s'ils abandonnent le Seigneur pour adorer les Divinités étrangéres (q).
Le pieux usage de publier les œuvres du Tout-puissant se perpétuë chez les Israëlites. Debora chante sur les instrumens la défaite des ennemis (r): la mere de Samuel remercie le Seigneur de la grace qu'il lui a fait de lui donner un fils (s): & Ezechias guéri d'une manière toute miraculeuse, se répand en actions de graces (t); car les Hébreux avoient grand soin de composer des Cantiques sur ce qui leur arrivoit de considérable: on le voit clairement dans les Pseaumes de David que l'on peut appeller l'Histoire allégorique de ce Prince, & [ce qui est leur principal objet] l'Histoire du Messie.
La Poësie Lyrique étendoit ses droits sur la Morale: elle donnoit des maximes admirables pour la conduite de la vie sous des images agréables. Salomon avoit écrit mille cinq Cantiques (u), c'est-à-dire, des Paraboles, ou Proverbes expri[73]més en vers faits pour chanter. Le même Poëme, mais d'un ton plus lugubre, déploroit la mort des personnes illustres, quand elle avoit été malheureuse: c'étoit une espéce d'Oraison funébre. Tels furent les Cantiques que David fit pour Saül (x), & Jerémie pour Josias (y).
Dans les derniers tems, les Juifs nommés Therapeutes composoient des Cantiques & des Hymnes de diverses mesures, & sur divers chants (z); c'étoit au commencement & à la fin de leurs festins sacrés qu'ils chantoient ces Cantiques à deux choeurs; & ces concerts étoient toûjours suivis de danses (a).
N'en doutons nullement, la Poësie regnoit en Grèce avant Homère, & c'étoit la Lyrique, c'est-à-dire, les Hymnes & les Odes, emploïées à louer la Divinité (b). Plus les Poëtes Grecs sont anciens, plus leur Poësie ressemble à celle des Hébreux: c'est tout ce qu'on peut dire de ces prémiers Poëtes: quoique les noms de Linus, d'Orphée (c), d'Amphion [74] soient célébre, leur Histoire est envelopée de fables; si l'on veut s'appuïer sur quelque chose de certain, il faut descendre plus bas, & s'arrêter aux neuf fameux Lyriques de la Grèce.
Stésichore, que le Pere Petau place à l'an du Monde 3372. vers la 38. Olympiade, me paroît le plus ancien. Il chanta des guerres considérables, & d'illustres Héros, & il soûtint sur la Lyre la noblesse & l'élevation du Poëme Epique (d). Mais il deshonora la Poësie en diffamant Hélene dans ses vers (e): il en fut puni si l'on en croit un Ancien (f), par la perte de la vûë, qu'il ne recouvra qu'après avoir chanté la palinodie.
Alcman, contemporain de Stésichore, fut l'auteur des vers tendres.
Sapho (g) qui vivoit en même tems, montra dans ses Odes beaucoup de douceur & de finesse; on lui doit l'invention de ce vers si coulant, & si convenable aux sujets qui demandent le plus d'agré[75]ment (h), Sapho avoit fait neuf livres d'Odes: il ne nous en reste qu'une, qui n'est pas même dans son entier, mais où l'on trouve la beauté, le nombre, l'harmonie, & les graces infinies que l'Antiquité donne aux autres. Les Hymnes, & les Epithalames qu'on attribue à cette dixième Muse, faisoient peut-être partie de ses Odes. L'Hymne à Venus est la seule de ces Hymnes qui ait échapé aux injures du tems. Demetrius de Phalere, Denis d'Halicarnasse, & Longin ont comblé de louanges cette illustre fille: j'y souscrnois volontiers, si la pureté de ses mœurs répondoit à la beauté de son génie: il a plu à quelques anciens Auteurs (i) de les représenter sans tache: mais leur témoignage est démenti par des traces des vices les plus grossiers qu'on apperçoit dans les fragmens des Œuvres en vers de cette Poëtesse (k). Sapho inspira son goût pour le Lyrique à de jeunes personnes de son sexe, à Anagore de Milet, à Eunique de Salamine, & à Gongyle de Colophon (l).
[76] Alcée plein de force & de majesté, le prit sur un ton plus haut: il attaqua les Tyrans; quoique très-propre aux grandes choses, il s'amusa quelquefois aux petites, & aux plaisirs de la table, qu'il auroit dû négliger: du reste, son stile serré, magnifique, châtié avoit souvent assez de rapport avec le stile d'Homère (m). C'est d'Alcée que le vers Alcaïque a tiré son nom.
Simonide touchant & pathétique, excella dans les descriptions tristes & lugubres. Une douceur charmante, un savoir immense, une sagesse éprouvée faisoient le caractère de ce Poëte (n): sa conversation adoucit l'humeur dure & sauvage d'Hiéron, Tyran de Syracuse; & ses entretiens avec Socrate donnent encore aujourd'hui aux Princes de bonnes instructions sur les devoirs de la Roïauté (o)
Pindare surpassa tous les Lyriques dans la grandeur du dessein, dans la varieté des pensées, dans la hardiesse des figures, dans le tour heureux des expressions: affranchi des liaisons ordinaires du dis[77]cours, il émeut il étonne par des cadences nombreuses, qui en augmentent la force: tantôt il s'éleve d'un vol soûtenu; on le perd de vûë: tantôt il s'élance par bonds; il marche avec rapidité, & par d'impétueuses saillies il se précipite dans l'immense profondeur de ses idées (p) Nous n'avons de Pindare que les quatre livres que les Anciens ont appellé les livres de la Période; il y célébre les victoires remportées aux différens Jeux de la Grèce: le reste est perdu, à quelques fragmens près, qui sont épars dans les Auteurs: mais ce qui a échapé à l'injure des tems suffit pour bien faire connoître le mérite de ce grand Poëte. En effet, l'Ode (q) en l'honneur de Théron, Roi d'Agrigente, vainqueur à la course des chars, est un chef-d'œuvre de l'Art: Quelle sublimité dans l'expression! Quelle noblesse dans les sentimens! Quelle pureté dans la morale!
Simonide & Pindare avoient pour rivaux à la Cour de Syracuse, & à celle d'Agrigente deux fameux Lyriques, Ba[78]chilide & Epicharme: ils tâchoient de se détruire réciproquement: ils vouloient tous la prémière place dans l'estime d'Hiéron & de Théron: car les grands talens ne sont pas exemts d'envie ni de basse jalousie: la modestie n'étoit pas la vertu de ces Sages.
Anacréon (r) d'un stile aisé, gracieux & délicat, peignit dans ses Odes les amours, les jeux & les ris; ou pour mieux dire, il y peignit les mouvemens de son cœur un peu trop passionné. Notre siécle abonde en Critiques sévères à outrance. Un Savant de ce caractère (s), malgré sa qualité d'Editeur, (t), s'est avisé d'enlever au Poëte de Téos cette Poësie Anacréontique que lui donnoit une longue suite de siécles. C'est, dit-il, un amas de piéces qui viennent de différentes mains. Il étale pour le prouver assez d'érudition: mais un peu moins de doctrine, & un peu plus de goût fait aisément sentir qu'une si parfaite uniformité de stile ne sauroit être l'ouvrage de plusieurs.
[79] Archiloque (u) fit des Epodes, poëme licencieux où il déchira impitoïablement Lycambe & sa famille. Il étoit plus ancien que les Lyriques précédens: ses Hymnes lui firent beaucoup d'honneur; & celle où il chanta les louanges d'Hercule, lui valut une couronne aux Jeux Olympiques (x). S'il est digne de louange d'avoir porté tout-à coup à une très-grande perfection le genre de poësie qu'il avoit inventé (y), il est inexcusable de ne devoir cette invention qu'au dépit, & qu'à la rage (z). Au jugement de Quintilien (a), Archiloque avoit une force d'expression extraordinaire, des pensées hardies, des traits vifs & perçans, un stile plein de force & de nerfs.
Terpandre, Timocréon, & la savante Praxile se signalerent par leurs Scolies. C'est le nom que les Grecs donnoient aux Chansons de table, quand la voix étoit accompagnée des sons de la Lyre. Et [80] sans s'arrêter à des sujets communs & ordinaires, ils firent rouler leurs Scolies ou sur la Morale, ou sur l'Histoire (b).
La majesté de l'Ode s'accorde avec la gravité du Cothurne. Euripide fameux Poëte Tragique, célébra les victoires Olympiques d'Alcibiade par une Ode, dont Plutarque nous a conservé un fragment (c). Le Poëme Lyrique dérisoit même le front des Philosophes les plus austères. Empédocle fit une hymne en l'honneur d'Apollon (d). Socrate la veille de sa mort en fit une autre pour les enfans de Latone; & Aristote avec les accords de sa Lyre déplora la mort d'Hermias, Roi ou Tyran d'Atarne.
Long-tems après, & sous le regne de Ptolomée Philadelphe parut le Poëte Callimaque: il a beaucoup écrit, quoiqu'il n'y ait que quelques hymnes qui soient venuës jusqu'à nous. Timothée se distingua aussi dans le genre Lyrique. Ce Poëte est peu connu: nous savons seulement que le Musicien Pylade chanta aux Jeux Néméens, célébrés l'an 205. avant J. C. [81] les Perses de Timothée (e). Rien ne prouve mieux l'avilissement où tomba dans les derniers tems la Lyre des Grecs, que l'abus qu'en fit Mesoméde en célébrant l'infame Antinous: sa Muse follement récompensée par Adrien, & par Caracalla, s'attira le mépris & la juste indignation du prémier & du plus sage des Antonins.
Les Chrétiens releverent la Poësie Lyrique de cet état de bassesse, & la firent servir à célébrer les louanges du Tout-puissant, même par des Chansons de Table: mais c'étoient des Cantiques spirituels. "Les Fidéles, dit S. Clément (¶). Alexandrin, chantoient dans leurs repas, en bûvant les uns aux autres pour charmer leurs passions, & pour louer Dieu des biens qu'il leur donnoit si abondamment" (f).
Les Romains s'appliquerent fort tard à la Poësie Lyrique: Horace, qui le prémier leur en fit connoître les beautés, ne trouva personne qu'il pût imiter parmi les Latins; il chercha ses modéles chez les Grecs, & s'attachant à Anacréon & à [82] Pindare, il réunit la force de l'un & la douceur de l'autre; ainsi il se fit un caractère tout nouveau: il s'éleva avec dignité, sans rien perdre de ses graces, & heureusement hardi dans la varieté de ses figures, il charma l'oreille par la douceur de ses sons, & remplit l'imagination par la vivacité de ses images: son jugement étoit sain, sa morale sans verbiage, sa poësie sans fade encens (g); & les charmes innocens de cette délicieuse poësie faisoient souvent goûter les préceptes les plus importans, & les régles les plus solides d'une sublime Philosophie.
Horace ne laissa point de successeur dans le genre Lyrique: Cœsius Bassus du tems de Néron fit de vains efforts pour le rétablir; les esprits étoient alors rempans, abbatus, & comme domtés par la servitude; & ce poëme veut du grand du merveilleux, & du sublime.
Quand l'amour des Lettres, qu'on peut appeller la passion dominante du seizième siécle, eût entièrement banni l'ignorance des siécles précédens, le Latin fut dans toute l'Europe la Langue commune des Savans: c'est en cette Langue qu'ils cul[83]tiverent la Poësie; ils s'étoient sans doute persuadés que pour bien imiter les Anciens ils devoient emprunter leurs propres paroles, sans s'appercevoir que cet attachement servile à la Latinité éteignoit en eux ce beau feu qui fait les Poëtes. C'est ce qu'un habile Critique (h) reprend avec beaucoup de raison dans Vida, qui manque d'élevation dans ses hymnes, au jugement de Scaliger (i).
George Fabrice, quoique couronné, suivant la coûtume, par l'Empereur Maximilien II. n'est pourtant louable que par l'usage qu'il fit de la Poësie, qu'il n'emploïa qu'à des choses saintes
Torrentin, Flamand, fut fort estimé dans son païs, & il passa autrefois pour le prémier des Lyriques modernes.
Bucanan a des Odes dignes de l'Antiquité: elles seroient parfaites, si la bigarrure de son stile, qui n'est point assez uni, n'y causoit de grandes inégalités (k). Un de nos Poëtes (l) préféroit, dit-on, à l'Archevêché de Paris la Paraphrase des Pseaumes de Bucanan: l'expression est [84] forte mais elle marque bien le cas qu'on a fait de cet ouvrage.
La Chiabrera, le Pindare des Italiens, osa accorder sa Lyre avec des vers faits en sa Langue: il se servit utilement des transpositions ou des inversions des phrases, dont le genre lyrique ne sauroit se passer, & ausquelles la Langue Italienne se prête volontiers (m).
En France Salomon Macrin (n). réveilla le goût du Lyrique: après lui, Muret & Dorat s'attacherent à ce genre de Poësie, que M. Santeuil a porté au point de perfection, auquel peut arriver un Poëme écrit dans une Langue étrangére au Poëte: les Hymnes de Santeuil ont été adoptées en partie par plusieurs Eglises, même de son vivant; circonstance aussi honorable à l'Auteur, qu'elle est rare & qui seroit singulière, si M. Coeffin ne partageoit aujourd'hui cette gloire avec M. Santeuil.
Ronsard se donna pour l'inventeur de l'Ode Françoise: cet honneur est dû à Pelletier, selon du Bellay (o). Ronsard [85] puisa dans les sources la Poësie Lyrique: mais trop rempli de Grec & de Latin, il en laissa trop couler dans le langage, qu'il rendit par cette licence extrêmement dur & impropre: convenons toutefois que l'esprit de Ronsard ne laisse pas de briller au travers de ses vieux mots, & que ceux qui ont dit le plus de mal de ce Poëte, n'ont pu lui refuser beaucoup de naturel, & une imagination fort vive.
Remi Belleau, que Ronsard appelloit le peintre de la Nature, mit en vers François les Odes d'Anacréon: s'il en saisit le sens, la finesse lui échapa.
Du Bellay fut en grande considération à la Cour d'Henri second: on le compte le troisième Poëte de la Pleïade Françoise.
Racan & Malherbe vintent ensuite: & la face de la Poësie changea aussi-tôt; leur réputation dure encore; elle semble même augmenter à mesure qu'ils s'éloignent de leur siécle, quoique chacun d'eux ait la sienne d'une manière différente. Racan a plus de génie, Malherbe a plus d'esprit, les ouvrages de celui-ci sont extrêmement travaillés; mais une scrupuleuse régularité y jette [86] quelquefois un peu de sécheresse; les poësies de celui-là sont plus négligées; mais cette négligence a ses graces, & des graces qui sont au dessus de l'Art.
Théophile qui les suivit, tomba dans le puéril par une trop grande affectation d'imiter le stile aisé du prémier, & de s'éloigner des manières étudiées du second: comme Malherbe il copia la Nature, de laquelle il fit le Roman au lieu que Malherbe en avoit fait la peinture, ou l'histoire (p); poussé par l'impétuosité de son génie, il abandonna souvent le jugement, & ne fut pas se soûtenir. Aux endroits où il excelle, il est inimitable; ailleurs, il ne sort pas du médiocre.
On remarque dans M. Godeau un talent particulier pour la Poësie, qui lui faisoit faire les vers avec beaucoup de facilité. Il est vrai qu'il n'a rien qui remuë, ni qui échauffe: cet Auteur est toûjours à jeûn; trop méthodique dans son ordonnance, & trop uniforme dans ses expressions, il se copie lui-même, & ne fait pas l'art de varier ses tours & ses figures (q)
[87] Le Poëme Lyrique peu connu des François avant Malherbe, fut presque enseveli avec lui: on ne le vit renaître qu'à la fondation des prix de l'Académie Françoise. M. Despréaux donna à ce Poëme un nouveau lustre en célébrant sur le ton de Pindare la prise de Namur. La magnificence des mots, & l'audace des figures brillent dans cette Ode: l'impétuosité du stile, & ce beau desordre qui est un effet de l'Art, s'y font aussi remarquer.
Je ne dis rien des Lyriques qui vivent encore, ou dont la mémoire est récente: le jugement en appartient au Public; il n'est pas permis de le prévenir; & ce jugement ne devient invariable qu'après que le tems y a mis, pour ainsi parler, le dernier sceau.
Mais je ne puis m'empêcher de remonter à un célébre Lyrique Chrétien; & je ne crains pas d'être desavoué. M. le Maître de Sacy plus Poëte que M. Godeau, à l'imitation de Juvencus qu'il avoit souvent entre les mains, donne à nos Mistères (r) un agrément toûjours [88] nouveau, qui les fait respecter sans affoiblir leur majesté.
Pour en venir aux étrangers, les Odes de Cowtley (s) sont regardées comme les plus belles qui aïent été écrites en Anglois.
Le Charakeost, ou le livre des Cantiques, donne à qui entend bien la Langue Arménienne une juste idée de l'ancienne Poësie Lyrique de ces Provinces; & cette Poësie étoit touchante & sublime, avant que les Arabes dans le septième siécle de notre Ere, en eussent altéré la beauté. Ceux qui voudront se contenter d'une légère ébauche de cette Poësie, trouveront à se satisfaire dans la version Françoise que M. Villefroi a faite de quelques Cantiques Arméniens tirés de ce Recueil.
Le Pere du Halde dans sa Description de l'Empire de la Chine, nous a donné la traduction de plusieurs Odes Chinoises à la louange de la vertu, & des hommes illustres: le stile en est concis & figuré. L'Ode sur la perte du genre humain est remarquable par le dogme du péché originel, qui y est exprimé assez clairement.
[89] La Poësie veut plaire, & instruire (t) c'est pour plaire qu'elle emprunte ce que la Nature a de plus riant; qu'elle pare sa diction du nombre & de l'harmonie; qu'elle emploïe le merveilleux & le pathétique. Pour instruire, la Poësie nous propose de grandes vertus, & de grands vices: ces exemples ménagés avec art nous portent à aimer les unes, & à fuir les autres: c'est le but où elle vise; & pour y parvenir, elle se sert de l'imitation: tantôt elle met devant les ïeux l'action qu'elle peint, ce qui est le propre du Drame; tantôt elle se contente de la narrer, ce qui appartient à l'Epopée. Dans celle-ci l'action doit être illustre, & toutes les autres actions doivent s'y rapporter d'une manière, sinon nécessaire, du moins vraisemblable.
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[71] (n) Gen. cap. 4. V. 26.
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[71] (o) Ibid. cap. 49. v. 3. & seq.
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[71] (p) Exod. cap. 15.
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[72] (q) Deut. cap. 32.
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[72] (r) Judic. cap. 5.
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[72] (s) Reg. lib. 1. cap. 2.
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[72] (t) Isai. cap. 38. v. 10. &c.
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[72] (u) Reg. lib. 3. cap. 4. v. 32.
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[73] (x) Reg. lib. 2. cap. 17.
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[73] (y) Paral. lib. 2. cap. 35. v 25.
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[73] (z) Philo de vita contemp. pag. 893.
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[73] (a) Ibid. pag. 899.
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[73] (b) Plat. Leg . 7.
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[73] (c) Compagnon des Argonautes 55. ans avant la ruine de Troïe.
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[74] (d) Quintil. Inst. Orat. lib. 10. cap. 1.
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[74] (e) Horat. Epod. 15.
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[74] (f) Pausanias in Laconicis.
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[74] (g) Lesbienne. Il y a 2. Sapho de l'Ile de Lesbos, l'une d'Erése, l'autre de Mityléne. M. VVolph prétend que ces deux ne sont qu'une qui a habité successivement ces deux villes.
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[75] (h) Le Vers Saphique.
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[75] (i) Athénée, Plutarque, Aristote, &c.
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[75] (k) Imprimées à Londres en 1733.
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[75] (l) Jo. Christ. Wolph. Sapph. Frag. in Praf.
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[76] (m) Quintil. Inst. Orat. lib. 10. cap. 1.
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[76] (n) Cic. de Natura Deorum, lib. 1. n. 60.
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[76] (o) Voïez le Dialogue de Xenophon intitulé, Hiéron.
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[77] (p) Horat. lib. 4. Od. 2.
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[77] (q) Traduite par M. Massien, & qu'on lit dans le 6. tome des Mémoires de l'Académie des Belles Lettres.
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[78] (r) De Téos, ville d'Ionie, vivoit dans la 72. Olympiade.
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[78] (s) M. Pauvv.
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[78] (t) Cette nouvelle édition des Odes d'Anacréon fut imprimée à Utrecht en 1732.
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[79] (u) Fils de Télésicle de l'Isle de Paros, contemporain de Gygés Roi de Lydie.
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[79] (x) Recherches de M. l'Abbé Sévin fur Archloque.
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[79] (y) Le vers iambe, selon Velleïus Paterculus liv. 1. ch. 10.
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[79] (z) Horatius de Arte Poëtica.
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[79] (a) Instit. Orat. lib. 10. cap. 1.
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[80] (b) Mémoires de M. de la Nauze sur les Chansons de l'ancienne Grèce, tom. 9. de l'Histoire de l'Acad. des B. L.
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[80] (c) In Alcib.
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[80] (d) M. Bonamy, Recherches sur Empédocle.
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[81] (e) Plutar. in Philopœm.
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[81] (¶) Il vivoit dans le 2. siécle.
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[81] (f) Stromat. lib. 6.
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[82] (g) La Chartreuse.
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[83] (h) Rapin, Réflexions sur la Poëtique.
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[83] (i) Poëtic. lib. VI.
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[83] (k) Rapin, Réfl. sur la Poëtiq.
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[83] (l) Nicolas Bourbon.
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[84] (m) Maffeï Praf. del primo canto dell' Iliade d'Omero.
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[84] (n) Il mourut en l'année 1557.
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[84] (o) Pasquier, Recherches de la France, liv. 7. ch. 7.
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[86] (p) M. de la Bruïere, Caract. Art. 1.
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[86] (q) Lettres de MM. Despréaux & Maucroix.
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[87] (r) Dans sa Traduction en vers François des Hymnes de l'Eglise.
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[88] (s) Il vivoit sous Charles II.
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[88] (t) Horat. de Arte Poëtica, v. 333-334.
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Druckvorlage
Juvenel de Carlencas:
Essais sur l'histoire des belles-lettres, des siences et des arts.
Nouvelle édition augmentée. Bd. 1. Lyon: Frères Duplain 1749, S. 70-89.
Editionsrichtlinien.
URL: https://books.google.fr/books?id=89ROAAAAcAAJ
PURL: https://hdl.handle.net/2027/njp.32101076531100
Literatur
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In: Handbuch Lyrik. Theorie, Analyse, Geschichte.
Hrsg. von Dieter Lamping.
2. Aufl. Stuttgart 2016, S. 2-15.
Fischer, Caroline / Wehinger, Brunhilde (Hrsg.): Un siècle sans poésie?
Le lyrisme des Lumières entre sociabilité, galanterie et savoir.
Paris 2016.
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Hrsg. von Dieter Janik.
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Rodriguez, Antonio (Hrsg.): Dictionnaire du lyrique.
Poésie, arts, médias.
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Schneider, Ulrich J.: Die Erfindung des allgemeinen Wissens.
Enzyklopädisches Schreiben im Zeitalter der Aufklärung.
Berlin 2012.
Selvaggio, Mario: Poésie et poétique dans l'Encyclopédie.
Six entrées.
Alberobello u. Paris 2018.
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Les limites de l'inspiration lyrique, de Boileau à La Motte.
In: Figures de l'inspiration dans la poésie et la poétique françaises
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Hrsg. von Audrey Duru et Clément Duyck.
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Zymner, Rüdiger: Lyrik. Umriss und Begriff.
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Zymner, Rüdiger (Hrsg.): Handbuch Gattungstheorie.
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Edition
Lyriktheorie » R. Brandmeyer