Nouveau Larousse illustré
Dictionnaire universel encyclopédique

 

[Poésie]

 

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POÉSIE (zi — du lat. poesis, gr. poiésis; de poiein, faire) n. f. Art de composer des ouvrages en vers:

          La poésie, art suprême et complet,
Peinture qui se meut et musique qui pense.
                                        EM. DESCHAMPS.

— Genre de poème: POÉSIE lyrique, épique, héroique. POÉSIE dramatique. POÉSIE pastorale. || Poésie rythmique, Celle dans laquelle la mesure se compose d'un certain nombre de syllabes, sans tenir compte de la quantité. || Poésie métrique, Celle dans laquelle on a égard à la quantité.

— Caractère de ce qui est poétique: Il y a beaucoup de vers sans aucune POÉSIE.

— Manière particulière de faire les vers: Avoir une POÉSIE naturelle, bizarre, rocailleuse.

[560] — Poème, ouvrage en vers de peu d'étendue: Les POÉSIES de Musset. POÉSIES fugitives. Recueil de POÉSIES.

— Fig. Caractère de ce qui touche ou élève l'âme, de ce qui inspire ou fait rêver: La POÉSIE de la mer, de la montagne. La jeune fille est la POÉSIE du foyer.

— ANTON. Prose.

— Encycl. Manière de parler et de sentir, qui existe sous tous les cieux, à la naissance des peuples et aux époques d'extrème civilisation, qui reflète l'âme de chaque nation et de chaque siècle, la poésie est une des manifestations essentielles de l'âme humaine. Mais parce que la poésie est universelle, parce qu'elle en est une incessante évolution, il est difficile d'en déterminer le sens précis. Soit qu'on prétende que la poésie est une fiction — ou une création — ou une langue rythmée, ou un produit de l'inspiration et de l'enthousiasme on énonce toujours une proposition inadéquate à la chose définie. Mais, puisque la poésie est un art et, comme tel, se traduit extérieurement par des œuvres, on peut entrevoir quelle est la fin, quelle est la forme, quelle est la matière de cet art suprême.

La poésie s'adresse à la sensibilité, non au savoir; à la connaissance intuitive, non à la raison discursive; à l'imagination, non à la logique. Elle s'efforce, non pas de prouver, mais d'émouvoir, et d'éveiller dans le cœur des échos prolongés. Le poète découvre des associations d'idées riches et complexes qui charment l'imagination (symboles et métaphores): il fait surtout appel à la musique du vers, (mesure et rime). La pensée s'impose des entraves, mais, par elles, acquiert sur l'âme une merveilleuse puissance. La rime, bien qu'inférieure au nombre, parce qu'elle est une simple donnée auditive, ajoute encore à l'influence de l'harmonie rythmique. Notre attention, sans qu'intervienne le jugement, est irrésistiblement arrêtée: nous écoutons encore la musique du vers alors qu'il n'est plus qu'un cliquetis sonore et vide de sens. La grande poésie pourrait donc être définie un art qui s'adresse surtout aux facultés intuitives de notre être — dont l'action sur l'âme résulte principalement de l'harmonie rythmique — et qui a pour matière "tout ce qu'il y a d'intime en tout". (V. Hugo.)

Examinée dans ses rapports avec les autres arts, la poésie apparaît comme possédant ce qui manque à tous les arts plastiques: le développement progressif, le pouvoir de représenter avec des mots, matière souple et subtile, le mouvement de la pensée, les nuances fugitives du sentiment. Et si la musique, elle aussi, déroule ses mélodies, la poésie est cependant un art plus compréhensif, parce qu' "elle saisit l'homme par son humanité tout entière: idée pour l'esprit, image pour l'imagination et musique pour l'oreille". (Lamartine.)

Bien que, en un sens, on puisse dire, après Jouffroy, que "la poésie lyrique est toute la poésie" et que "le reste n'en est que la forme", on s'accorde généralement à reconnaître plusieurs genres poétiques, dont les principaux sont le lyrique, l'épique, le dramatique, auxquels on ajoute assez improprement le didactique. (V. ces mots.) De méme chacun de ces genres peut se subdiviser on sous-genres plus on moins artificiellement définis.

— Iconogr. Dans les arts antiques, la poésie est représentée par Apollon et par les Muses. Les artistes modernes ont figuré la Poésie elle-même. Parmi ses principales représentations, il faut d'abord citer la célèbre figure peinte par Raphaël dans la chambre de la Signature, au Vatican; une composition de Paul Véronèse: la Gloire accueillant la Poésie. Dans son grand plafond du foyer du nouvel Opéra, Baudry a représenté la Poésie montée sur Pégase et se dirigeant vers l'Émpyrée, avec la Mélodie et l'Harmonie. Une allégorie peinte par Natoire, l'Alliance de la Poésie et de la Musique, a été gravée par J. Pelletier (1752). Un tableau de F. Gérard, au Louvre, représente la Poésie et l'Histoire, J. Felsing a gravé, d'après E. Kaulbach, la Poésie inspirée par l'Amour.

La sculpture moderne a produit de nombreuses images allégoriques de la Poésie: une statue de marbre d'Adam l'aîné, qui décorait autrefois le vestibule du château de Bellevue, près de Paris; un groupe de bronze de J. Feuchère, etc. Simart a sculpté la Poésie épique; Pradier, la Poésie légère; L. Schröder, la Poésie pastorale; A. Courtet, la Poésie de la danse; Jouffroy, la Poésie lyrique (façade du nouvel Opéra, à Paris). Guillaume est l'auteur d'un groupe intitulé Source de poésie.

 

 

 

 

Erstdruck und Druckvorlage

Nouveau Larousse illustré. Dictionnaire universel encyclopédique.
Publié sous la direction de Claude Augé.
Bd. 6. Paris: Larousse o.J. [ca. 1902], S. 959-960.

Ungezeichnet.

URL: https://archive.org/details/nouveaularoussei06laro

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